Patrimoine

 

Restauration du patrimoine (décembre 2015)


lampes saules Les objets de l’église (lampe de sanctuaire aux armoiries de France et de Pologne, la croix de procession et le panneau de sainte-Catherine de Sienne) sont maintenant entre les mains des experts en rénovation et vont retrouver leur charme d’antan, une nouvelle jeunesse dont nous devrons nous assurer, dans les années futures, qu’elle reste sans défaut et que l’on prévienne toutes blessures faites par le temps qui passe.

     Nous aurons l’occasion, lors d’une cérémonie, de constater le travail accompli par ces artisans du renouveau et de remercier à la fois les institutions partenaires (l’Etat, le Conseil départemental, la Fondation du Patrimoine, mais encore tous les heureux donateurs). Ce patrimoine qui nous est confié, trésor de l’histoire de France, est le témoin d’un savoir-faire remarquable, mais aussi la démonstration de la richesse des objets laissés aux générations pour raconter les époques et montrer l’importance des représentations dans le parcours de la civilisation humaine.

     En cette fin d’année M. Olivier Morel, chargé de la restauration de la lampe de sanctuaire et de la croix de procession, nous a installé de nouveau ces objets à leur place initiale. Elles ont changé d’apparence et ont retrouver leurs lustres d’antan.

     D’autre part, dans ce bulletin, vous trouverez un exemplaire de la souscription que nous menons avec la Fondation du patrimoine. Il est rappelé que tous les dons sont, par le biais de la Fondation, déductible des impôts. Vous pouvez, cela est fortement recommandés, faire passer le message, nous pouvons remettre aux donateurs un exemplaire de la dite souscription. 

 

Chemin de communication entre Joncy et Saules. Visite de Labrely, secrétaire des Etats du macônnais à la Rochette, le 4 décembre 1772


    Baltazar Jean-Pierre Girard Labrely, secrétaire des Etats et comté du Mâconnais, commissaire des chemins, savoir faisons que nous nous serons transportés la quatrième jour de décembre 1772 au lieu de La Rochette paroisse de Saint-Maurice pour faire reconnaître les piquets qui avaient été plantés en conséquence de la délibération des Etats du dit pays et comté en date du … pour tracer les chemins de communication tendant de la grande route de Joncy à Saules, passant par La Rochette, Culles et dont l’entière exécution avait été différée pour donner le temps aux communautés de finir et perfectionner la levée du pont d’Epinas à Saint-Gengoux qu’avant de procéder à la reconnaissance, nous aurions pour nous conformer au prescrit des lettres patentes du 14 Juin 1772, dument enregistrées, intervenues depuis la dite délibération , averti les professeurs des fonds en héritages sur lesquels il a été tracé une nouvelle ligne pour la confection de ce chemin en sortant du village de La Rochette à cause de l’impossibilité reconnue par l’ingénieur de ce pays de réparer l’ancien chemin pour dresser procès-verbal de leurs dires et observations.

     En conséquence nous nous serions rendu au château de La Rochette où nous aurions communiqué le sujet de notre voyage à Monsieur Delavernette, seigneur haut justicier dudit lieu dudit Saint-Maurice, lequel nous aurait dit que depuis que la grande route de Tournus, Saint-Gengoux et Joncy est ouverte et praticable, les paroisses de Culles, Saules, Fley, Bissy sur Fley et Saint-Boil et même celle de Chenôves et Saint Vallerin ont désiré et demandé que cette communication fut rendue praticable, qu’elle est surtout importante pour les vignobles de cette côte qui produit annuellement quatre à cinq mille pièces de vin excellent, et qui n’a d’autre débouché pour les conduire à la Loire, qu’elle n’est pas moins intéressante pour la partie charollaise qui fournit à ces paroisses des tonneaux, bois de construction, merrains, seigles et autres denrées, et qui profiteront de cette communication pour étendre leur commerce avec les paroisses de Messey, La Chapelle de Bragny, Lalheue, Laives, Sennecey, Nanton et Etrigny, qu’enfin le mauvais état du chemin actuel, quand même on ne le considérait que comme une simple communication de paroisse à paroisse, exige de toute nécessité qu’on le construise en partie à neuf et qu’on répare le reste avec soin.

     A quoi il a ajouté que la culture des héritages qui doivent être desservis par le chemin, souffre de l’état impraticable où il est, qui empêche de la labourer, d’y conduire des engrais, et souvent même d’en retirer leurs récoltes soit en grains, soit en foin, qu’à son égard il consentirait que les Etats ordonnassent à ce sujet ce qu’ils jugeront à propos, offrant même volontiers le passage sur les fonds qui lui appartiennent pour l’ouverture des nouvelles lignes qui ont été ou seront jugées nécessaires, et de faire construire à ses frais des ponts où il sera nécessaire, comme il s’y est fournis par la délibération des Etats prise sur cet objet, observant néanmoins qu’attendu que cette communication nécessaire à plusieurs paroisses, il paraît convenable d’employer à sa construction et réparation celles qui en profiteront et de les dispenser de la corvée sur les grands chemins qui sont dans le meilleur état possible.

     Et a signé avec nous et l’ingénieur. Signés Bernard Delavernette, Compin, et Girard Labrely.

carte postale route de culles

Loi du 19 fructidor an VI


 La loi du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798), dite loi Jourdan-Delbrel, institua la conscription et le service militaire obligatoire et avec elle le tirage au sort. Cette loi tentait de mobiliser les forces vives de la Nation et faire face à la grande démobilisation consécutive au 9 thermidor (la chute de Robespierre). Il y avait beaucoup de réfractaires et l’armée était passée de 700 000 hommes en 1794 à 380 000 en 1797. Cette armée était très souvent mal équipée et que chaque conscrit, qui avait entre vingt et vingt-cinq ans, étant inscrit obligatoirement sur les registres communaux, essayait, en mettant en danger leur propre vie, d’éviter de partir pendant cinq ans sur les champs de batailles.


A Saules la famille Lattaud, qui avait participé à l’évasion de leur fils réquisitionnaire, fût arrêtée, jugée et acquittée. Voici un extrait de ce procès.
« Au nom du peuple français,
Vu par le Tribunal criminel du département de Saône-et-Loire, l’acte d’accusation dressé le trois floréal an sept de la République française par le Directeur du jury de l’arrondissement de Charolles contre Antoine Lattaud, vigneron à Saules, Benoîte Brenot sa femme et Marie Lattaud sa fille dont la teneur suit.
Le Directeur du jury d’accusation de l’arrondissement de Chalon expose que le vingt-six germinal dernier, le citoyen Joly, gendarme national demeurant à Charolles, porteur d’un mandat d’arrêt délivré le dit jour par le soussigné faisant office d’officier de police judiciaire, attendu la nature du délit, contre Antoine Lattaud, vigneron à Saules, canton de Culles, Benoîte Brenot et Marie Lattaud, prévenus de rébellion à l’exécution de la loi en enlevant de force le dénommé Hilaire Lattaud leur fils réquisitionnaire des mains du gendarme Jarniaux et le faisant évader, a conduit à la maison d’arrêt de cet arrondissement les personnes desdits père, mère et fille Lattaud.
… Ledit gendarme ayant arrêté Hilaire Lattaud réquisitionnaire et se disposant à le conduire en la maison d’arrêt de Joncy, le dit gendarme fut atteint par le père, la mère et la sœur du dit Lattaud qui à son aide sont parvenus à le retirer de ses mains et à le faire évader, lesquels père, mère, fille et fils Lattaud ont employé la force et la violence contre le gendarme… Que les dits Lattaud père, mère et fille ont déclaré au Directeur du jury qu’ils n’étaient point les auteurs de l’évasion du dit réquisitionnaire; qu’ils ne s’en étaient pas même aperçus; que lorsqu’il fut arrêté, voyant que le gendarme Jarniaux se disposait à le lier, ils s’approchèrent de lui et le prière de permettre à leur fils de se rendre à leur domicile pour y prendre des habillements, attendu qu’il était tête et pieds nus, en l’invitant de les accompagner, que pendant qu’ils parlaient au dit gendarme qui se refusait à leurs prières, le jeune homme qui n’était point attaché s’évada sans qu’ils ne l’eussent vu.
Qu’il résulte de tous ces détails attestés par le susdit extrait du procès-verbal dudit jour 17 frimaire et la lettre de l’accusateur public du jour 1er nivôse qu’il y a eu vraiment rébellion à l’exécution de la loi, et soustraction d’un réquisitionnaire des mains d’un gendarme chargé de faire exécuter les lois.
Sur quoi les jurés auront à prononcer qu’il y a lieu à accusation contre lesdits Antoine Lattaud, Benoîte Brenot sa femme et Marie Lattaud leur fille, à raison du délit mentionné au présent acte.
La déclaration du jury spécial de jugement en date de ce jour portant sur son âme et sa conscience, la déclaration unanime du jury est:
-Sur la première question du premier chef qui n’est pas constant que le 17 frimaire dernier il ait été opposé des violences et voies de fait au gendarme Jarniaux au moment où il arrêtait Hilaire Lattaud réquisitionnaire.
-Sur la première question du deuxième chef qu’il est constant qu’Hilaire Lattaud réquisitionnaire s’est évadé le 17 frimaire dernier des mains du gendarme Jarniaux.
Sur la deuxième, quatrième, sixième question il n’est point reconnu de voies de fait par les trois protagonistes.
Le Président, d’après cette déclaration du jury spécial, déclare Antoine Lattaud, Benoîte Brenot et Marie Lattaud, acquittés de l’accusation portée contre eux; ordonne qu’ils seront de suite mis en liberté conformément au code des délits et des peines ainsi conçu: « Lorsque l’accusé a été déclaré non convaincu, le président, sans consulter les juges, ni entendre le commissaire du pouvoir exécutif, prononce qu’il est acquitté de l’accusation et ordonne qu’il soit mis sur-le-champ en liberté »

Transaction sur la vente du presbytère de Saules (6 Septembre 1796)


     Comme bien souvent, des hommes de paille soumissionnaient des immeubles pour des propriétaires plus fortunés, mais qui voulaient garder l’anonymat, l’époque était incertaine, pendant un certain temps. Nous avons l’exemple, avec la vente du presbytère de Saules, qui appartenait, avant la Révolution à la famille de La Vernette, de ce procédé. La notation du Directeur de l’Agence d’Enregistrement et du Domaine Notarial, nous avait mis sur cette piste. Sur ce document, nous pouvons lire de nom d’Abel-Michel Bernard de La Vernette, qui certainement par l’intermédiaire, tout d’abord de Claude Duchoux, puis de Jean Greuzard, voulait reprendre son bien et nous avons constaté, dans un autre document datant de 1802, que le presbytère était revenu dans le giron de la famille.

     « Par-devant les notaires publics au département de Saône-et-Loire résidant à Mâcon soussignés, est comparu le citoyen Claude Duchoux, manœuvrier demeurant en la commune de Chenôves, canton de Buxy, lequel de gré met et subroge purement et simplement le citoyen Jean Greuzard, propriétaire demeurant à la commune de Saules, ci-présent et acceptant, à l’effet de la soumission faite à l’administration départementale de Saône-et-Loire par le dit Duchoux, sous sa date, d’acquérir le presbytère de Saules et ses dépendances, consent que sa dite soumission soit et demeure comme non avenue et sans effet si ce n’est au profit du dit citoyen Greuzard; consent aussi que ce dernier réclame à la dite administration, l’imputation à son profit de la somme de trois cents livres, payée par le dit Duchoux en promesses de mandats au receveur des domaines, à Mâcon lors de sa dite soumission, et pour le premier paiement de prix d’icelle, ou qu’il reçoive le remboursement, reconnaissant le dit Duchoux que ladite somme lui a été présentement et réellement rendue par les mains de Granjon, l’un des notaires soussignés, et des deniers du citoyen Abel-Michel Bernard Lavernette, il s’en contente et en passe quittance, dont acte fait et passé à Mâcon à l’étude après-midi, le six messidor an quatre de la République française, le dit Greuzard a signé, non le dit Duchoux, qui a déclaré ne le savoir faire de ce enquis et sommé. »  

Claude-Philibert Bernard de la Vernette


En 1750 la terre de la Rochette, ayant été vendue par Antoine d'Hénin-Liétard à Claude-Philibert Bernard de la Vernette, armoiries qui sont:  « de gueules à la bande d’or chargée de trois étoiles d’azur et accompagnée à senestre d’un cor de chasse d’or, enguiché et virolé d’azur », celui-ci devint seigneur de Saules, en même temps que de Saint-Maurice. Il occupait, à Mâcon, la fonction de Lieutenant de Roi, comparable à celle de Préfet actuel. Famille d'ancienne bourgeoisie mâconnaise qui remonte à Nicolas Bernard, mort en 1430, elle se divise en plusieurs branches. Son frère, Michel-Louis-Xavier Bernard de la Vernette fut chanoine de Tournus de 1786 à 1790.    

     Claude-Philibert fit reconstruire la "Maison Seigneuriale", en aménagea la cave pour les besoins de son exploitation viticole, et le logement supérieur pour le curé, son représentant local, d'où le nom, conservé depuis pour cette maison, de "La Cure".

     Au moment où la Révolution se mettait en marche, c’était son fils aîné, Abel-Michel, né en 1748,  qui lui avait succédé comme Seigneur et Lieutenant de Roi à Mâcon, puisque son père mourut le 27 juin 1789. Il sera, mais il ne le savait pas encore, le dernier seigneur de Saules. La devise de la famille était: « Le temps de l’épreuve est court, la récompense sera surabondante ».

      La Cure ayant été saisie comme "Bien National", il dut la racheter, alors qu'elle avait été reconstruite par son père. Abel-Michel s’éteignît le 22 nivôse an IX (12 janvier 1801) à Besançon. Nous avons la trace de son décès car le 2 pluviôse an IX (22 janvier 1801), François Chuffin, juge de paix du canton de Culles, ira mettre les scellés sur sa maison de la Rochette. Il laissera une veuve, Marie-Augustine de Chapuis de Rozières, et trois enfants. Elle mit (la cure) à la disposition de la population de Saules: employée au début comme mairie, elle fut ensuite utilisée comme école, en 1875, tenue par les Sœurs de Chauffailles et cela jusqu’en 1904 . Depuis elle a été utilisée par diverses œuvres de bienfaisance, elle fut même une colonie de vacances. Elle appartient, actuellement, à la famille Ferrey-Montangerand.

 

     En 1880, il fallut remplacer la cloche de l’église. Elle sera inaugurée par le curé de Saint-Boil, Jean Martinet, et non celui de Culles, Claude Boussard. L’inscription gravée sur la cloche est la suivante: «  Année 1880—Commune de Saules—Babout Pierre, Maire—Martinet Jean, curé de Saint-Boil et Saules.

     J’ai eu pour parrain Mr Paul-Philibert-Max de La Vernette de Saint-Maurice et pour marraine Mme Anne-Marie-Christine du Bessey Contenson. Je m’appelle Anne-Marie-Christine ».